Comment parler du harcèlement scolaire aux plus jeunes (4-7 ans) ?

183:917447290 • 19 mars 2025

Le harcèlement scolaire est un sujet particulièrement sensible pour moi, car je crois profondément qu’il est crucial d’en parler dès le plus jeune âge. Par le passé, lorsque je consultais en cabinet en tant que thérapeute, j'ai souvent été confronté aux conséquences douloureuses que peut engendrer le harcèlement chez les jeunes enfants. Aujourd’hui, je continue de m’engager activement à travers des conférences et des ateliers destinés aux parents et aux jeunes en difficulté afin de les sensibiliser et de les outiller face à cette problématique.


Mon objectif est d’aider les parents, enseignants et accompagnants à construire avec les enfants une base solide de confiance, d’empathie et de respect. Lorsque je m’adresse aux enfants âgés de 4 à 7 ans, j'ai toujours privilégié l’usage de mots simples, clairs et surtout rassurants, pour leur permettre de comprendre ce phénomène complexe sans les effrayer.



Adapter le message aux enfants plus jeunes

Je sais que les jeunes enfants ne comprennent pas encore pleinement ce qu’est exactement le harcèlement. C’est pourquoi, lors de mes interventions, j'évitais souvent d’utiliser directement ce terme. À la place, j'aimais parler de comportements positifs, comme la gentillesse, l’écoute, l’amitié, mais aussi de comportements négatifs facilement reconnaissables, comme les moqueries, les insultes, ou les bousculades.



Je prenais toujours le temps d'expliquer calmement aux enfants que chaque action a un effet sur les autres. Je leur donnais des exemples concrets qu’ils pouvaient facilement reconnaître dans leur quotidien. Par exemple, je leur disais : « Imaginez que vous êtes en train de jouer tranquillement, et quelqu’un vient se moquer de votre jeu ou vous pousse pour prendre votre place. Comment vous sentiriez-vous ? ». Cette approche permettait aux enfants de ressentir de l'empathie en se mettant à la place de celui qui est embêté.


Je leur expliquais également l'importance d'observer attentivement leurs camarades. Je leur disais souvent : « Si tu remarques un ami qui semble triste, seul ou inquiet, c'est important d'aller le voir et de lui demander s'il va bien. Si tu ne te sens pas à l’aise pour lui parler, alors viens me voir ou parles-en à un adulte de confiance pour que nous puissions ensemble l’aider à se sentir mieux. » Ce type de conversation simple aidait à créer une culture d’entraide et de vigilance dès le plus jeune âge.


L’utilisation des contes, des marionnettes et des jeux de rôle

Les histoires m’ont toujours passionné, et je les utilise encore beaucoup lors de mes conférences et ateliers. Je suis convaincu que l’imagination fertile des enfants leur permet de saisir plus facilement des situations complexes quand elles sont racontées par des personnages auxquels ils peuvent s'identifier. Mon livre Spoutnik et Léa, par exemple, raconte comment Léa apprend à surmonter ses difficultés grâce à son fidèle compagnon Spoutnik. C’est un excellent support pour engager la discussion sur les émotions difficiles comme la peur ou la tristesse liées au harcèlement.


J’apprécie également particulièrement l’utilisation des marionnettes. Cela m’a permis de mettre en scène des petites histoires où un personnage gentil aidait un autre personnage triste à exprimer ses émotions ou à trouver du réconfort. Les enfants visualisaient ainsi clairement ces situations et comprenaient mieux comment réagir s'ils vivaient ou observaient une telle situation.


Quant aux jeux de rôle, je les ai toujours trouvés particulièrement utiles pour permettre aux enfants d’expérimenter en toute sécurité divers scénarios. Je proposais aux enfants, par exemple, de jouer le rôle d’un enfant embêté à la récréation, puis celui d’un ami qui intervient ou appelle un adulte à l’aide. Ce type de jeu aide les enfants à se sentir préparés, tout en développant leur empathie.



Créer des rituels familiaux ou scolaires pour renforcer l’écoute et la prévention

Je suis convaincu que la régularité et la stabilité sont rassurantes pour les jeunes enfants. C'est pourquoi, dans mes interventions, j’encourage vivement la mise en place de rituels réguliers favorisant l’expression des émotions. À la maison, par exemple, un « temps des émotions » chaque soir permet à chaque membre de la famille de partager tour à tour ce qui l’a rendu heureux, triste ou inquiet durant la journée. Ce rituel aide les enfants à verbaliser leurs émotions sans crainte d'être jugés, tout en renforçant les liens familiaux.


À l’école, je recommande fortement les « cercles de parole » réguliers. Cela permet aux enfants de partager librement leurs ressentis et leurs expériences dans un cadre sécurisant. L’enseignant guide ces discussions en rappelant l’importance d’écouter attentivement, de respecter les paroles des autres, et d’aider ceux qui se sentent tristes ou isolés. Ces échanges réguliers créent une atmosphère dans laquelle chaque enfant sait qu’il peut s’exprimer sans crainte, et que l’aide est toujours disponible.


En abordant ainsi le harcèlement scolaire dès le plus jeune âge avec bienveillance, patience et créativité, j’espère offrir aux enfants les clés essentielles pour devenir des personnes respectueuses, empathiques et capables d’agir positivement face aux défis de la vie.


Pour approfondir cette réflexion et découvrir une ressource complémentaire, je vous invite à découvrir mon livre Spoutnik et Léa : ensemble contre le harcèlement scolaire, conçu spécialement pour sensibiliser et accompagner les enfants et les adultes face à ce défi.

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